Le Traité de Paris de 1763

Le Traité de Paris de 1763

Intéressant rappel historique : la chute du Canada tient moins à la bataille des Plaines d’Abraham qu’aux décisions politiques et économiques entérinées lors du traité de paix. C’est ce qui ressort des textes de l’historien Denis Vaugeois.

« Entre une défaite et une cession, il y a un océan : Maurice Séguin savait pourtant fort bien que la capitulation de Montréal aurait pu être annulée d’un trait de plume. Les décisions se prenaient dans la métropole, à la cour du Roi. Pouvait-on être certain que la conquête militaire de 1760 allait être suivi de la cession du Canada (…)

En juillet 1629, Champlain et son fidèle partenaire Pont-Gravé avaient capitulé à Québec devant les frères Kirke. Apprenant que la paix du Suze avait été signée entre la France et l’Angleterre trois mois auparavant, Champlain put convaincre le roi de réclamer la rétrocession de la Nouvelle-France par un traité signé à Saint-Germain-en-Laye le 29 mars 1632 (…)

Sans avoir perdu d’importantes batailles en Amérique, si l’on excepte la prise de Port-Royal en 1710, la France y renonce, au profit de l’Angleterre, à ses prétentions sur la baie d’Hudson et à Terre-Neuve et abandonne l’Acadie (…) »

— Denis Vaugeois, « Dix jours qui ont fait le Québec »

« La chute de la Nouvelle-France risquait d’enlever aux Treize Colonies la raison de leur attachement à l’Angleterre. Une fois le rival français chassé d’Amérique, que feraient-elles ? Chercheraient-elles à prendre leur distance ? Pitt l’avait craint. Il était prêt à rendre le Canada à la France et plutôt à faire entrer dans le giron britannique la Guadeloupe et la Martinique.

Le lobby du sucre, très fort à Londres, se sentit menacé par cette concurrence éventuelle. Pitt fut écarté des négociations du traité de Paris. Le Canada fut rayé de la carte (…) »

— Denis Vaugeois, « America, l’expédition de Lewis & Clark et la naissance d’une nouvelle puissance »

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