L’un des grands drames de notre histoire s’est joué lorsque, par milliers, les nôtres ont pris le chemin de l’exil vers les États-Unis. Cette « Grande saignée » a durablement bouleversé notre démographie et freiné notre chemin vers l’émancipation politique.
« Il fallait choisir entre s’exiler aux États-Unis – ils seront près d’un million à prendre cette voie après 1837 – ou devenir citoyens de seconde classe, prolétarisés dans les usines d’une révolution industrielle : choisir en somme entre l’assimilation à l’étranger ou l’exploitation en leur patrie. La sentence de Durham pèse toujours sur le destin du peuple québécois. Parler et vivre en français en Amérique n’ira jamais de soi, c’est un droit que nous payons cher. »
— Gilles Laporte, « Dix journées qui ont fait le Québec »